Agathe Cléry en avant-première à Disney Village - VIDEO
Publié le 30 Novembre 2008 à 10:43 | concernant : Serris
Agathe Cléry
Agathe Cléry, interprêtée par Valérie Lemercier est une working-girl quelque peu raciste qui va devenir... noire !
Interview du réalisateur Etienne Chatilliez :
La maladie d’Addison qui pigmente en noir la peau d’Agathe Cléry existe vraiment. C’est ce qui vous a donné l’idée du film ?
C’est une idée de Yolande Zauberman qui m’avait déjà donné l’idée de Tanguy. C’est une histoire vraie, qui s’est passée en Afrique du Sud pendant l’apartheid. Une blanche avait contracté la maladie d’Addison, elle était devenue noire. À l’époque, celle de l’apartheid, sa situation était nettement moins amusante que celle du film. Cette femme était carrément passée de l’autre côté du miroir, si on peut dire. Elle devait se tenir debout dans le bus au lieu d’être assise, etc. Sa famille l’a reniée, elle a failli devenir folle. L’idée m’avait plu mais je ne savais pas bien quoi en faire. D’autant que, si le sujet fonctionnait bien dans une Afrique du Sud coupée en deux, il était moins évident de l’adapter chez nous.
Alors, comment le déclic vous est-il venu ?
Il y a longtemps que je voulais faire une comédie musicale : j’ai trouvé que la comédie musicale donnait de la légèreté au sujet et que le sujet donnait du fond à la comédie musicale. Mais comment adapter l’histoire, la transposer chez nous ? Retrouver une vérité dans un pays qui n’est pas aussi clairement divisé ? Je suis parti d’une reformulation de l’histoire : une femme blanche,raciste, devient noire.
Le personnage central devait-il être obligatoirement une femme ?
Non, pas du tout. Au début, j’ai imaginé le film à New York. Le héros était un jeune homme qui travaillait dans une tour, et qui cachait qu’il était raciste. Et puis j’ai finalement choisi la France et une héroïne. Avec Laurent Chouchan, le scénariste du film, nous n’avons pas voulu traiter l’aspect psychologique de la métamorphose. Nous n’avions pas envie de refaire Monsieur Klein.
Vous avez donc privilégié l’entourage d’Agathe Cléry, son travail, ses relations amoureuses, familiales, sociales…
Et ce que représente pour
elle le fait de devenir noire : en un mot, l’horreur. L’une des
premières difficultés a été de définir son racisme. Tout le
monde sait ce qu’est un raciste, mais il y a mille façons de
l’être, il y a mille personnalités différentes à appliquer à ce
mot. Nous ne voulions pas en faire une caricature, comme
peut l’être un sympathisant du Front National. Ce
n’était pas intéressant de parler de quelqu’un d’« irrécupérable
». Agathe est raciste comme elle respire, sans y penser.
C’est quelque chose qui lui est tombé dessus. Elle ne sait
pas pourquoi et le spectateur non plus : ses parents ne le
sont pas du tout, ils ne comprennent
même pas de quoi elle parle.
Ils ne l’ont pas élevée comme ça. D’ailleurs
ils prennent sa phobie avec humour et détachement, en la
dénonçant aussi, mais en pensant que ça va
s’arranger. Et l’histoire qui est presque une fable va leur donner
raison. Agathe a un a priori : elle est sûre que le Blanc est
supérieur au Noir. Elle n’a jamais cherché à le vérifier, c’est
un acquis – ce qu’est souvent le racisme. Vrai, pas vrai ?
Elle s’en moque, c’est comme ça qu’elle fonctionne, elle
n’aime pas les Noirs, pas les Roumains, pas les
Asiatiques, pas les étrangers…
Parlons maintenant du jeu de Valérie Lemercier, une des scènes les plus époustouflantes, c’est l’imitation de Michael Jackson par Valérie.
Dans La vie est un long fleuve tranquille, les Le Quesnoy se sont appelés très longtemps les Le Catho. Le nom de code d’Agathe Cléry a d’abord été « Micheline Jackson ». Michael Jackson faisait partie du film. À la différence près qu’Agathe fonce alors que Michael blanchit… On l’avait fait intervenir de tas de façons différentes dans le scénario et finalement c’est cette scène-là qu’on a retenue. Elle a une force inouïe à la fois par l’interprétation de Valérie, et par ce qu’elle signifie. Agathe Cléry décide tout à coup de se battre contre ce qui lui arrive. Elle va imiter Michael Jackson, le parodier même, mais dans sa chambre et dans sa salle de bain. Encore une fois, il s’agit de l’incursion du magique dans la réalité.
Regardez, en vidéo, l'interview de Valérie Lemercier.
Par 77info
Valerie Lemercier évoque le film Agathe Cléry |


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